Georges Arditi
(1914-2012)

D'un réel à l'autre

Roubaix | Saint-Rémy-de-Provence, La Piscine | Musée Estrine
dal 7 Ottobre 2023 al 7 Gennaio 2024

The exhibition

Avec le soutien exceptionnel de la famille de l’artiste, du 7 octobre 2023 au 7 janvier 2024 La Piscine - Musée d'art et d'industrie André Diligent de Roubaix - et le Musée Estrine de Saint-Rémy-de-Provence s’associent pour consacrer une exposition à Georges Arditi (1914-2012).
Peintre d’origine grécoespagnole, né à Marseille dans une famille juive, formé à l’École nationale supérieure des arts décoratifs dans l’atelier de Legueult, régulièrement exposé au Salon d’Automne à partir de 1945, Arditi est un artiste prolixe, représentant de cette dernière Ecole de Paris qui oscilla, dans les années cinquante, entre figuration et abstraction. Malgré une rétrospective au musée de la Poste en 1990, il demeure peu connu.

À La Piscine, où Georges Arditi est présent avec une nature morte, une petite gouache, et un virtuose portrait des deux premiers enfants du peintre offert en 2023 par Catherine Arditi, l’exposition se concentre sur les deux premières périodes de création de l’artiste et son cheminement au sein de la figuration et du réalisme.
À Saint-Rémy, l’accent sera mis sur les paysages spectaculaires inspirés par les effets de lumière et de couleur autour du Mont Ventoux, insistant sur la production abstraite des années 1958 à 1973.

En savoir plus

The catalogue

Georges Arditi (1914-2012) est injustement méconnu. Avec le soutien de sa famille, La Piscine à Roubaix et le Musée Estrine à Saint-Rémy-de-Provence se sont réunis pour présenter, en deux étapes, une véritable rétrospective de ce peintre singulier qui n’avait pas fait l’objet d’une présentation aussi complète depuis plus de trente ans.

Formé chez Legueult et Cassandre, Arditi fait pleinement partie de la génération qu’a bouleversée l’exposition des « peintres de la réalité » français du XVIIe siècle, en 1934, à l’Orangerie des Tuileries. Proche dans un premier temps de l’esthétique du groupe des Forces Nouvelles, il ambitionne rapidement un langage autonome dans de grandes compositions empreintes de mystère et d’élégance. La figure de l’artiste, face au spectateur, y organise un univers très singulier dont le temps suspendu doit assurément aux drames qui impriment l’expérience personnelle du jeune juif traqué, spolié et endeuillé. Il est alors tout à la fois Oiseleur taciturne et stupéfait, enfant des frères Le Nain ou créateur surpris à la marge d’une Réunion à la robe rouge qui semble l’ignorer.

Une seconde période, dans le sillage des « peintres de tradition française » révélés durant l’Occupation, inscrit Arditi, à sa manière, sur la scène de la seconde École de Paris qui traque la lumière et recompose une vérité – vue d’ateliers, paysages urbains – passée au filtre d’un caléidoscope riche d’émotions. Dans cette séquence, les enfants de l’artiste s’affirment comme une infinie source d’inspiration sans que jamais le peintre ne cède aux facilités et à la mièvrerie du genre.

À la fin des années cinquante, la découverte du Ventoux marque une évolution radicale aux marges mouvantes de l’abstraction.

Les paysages plein cadre qu’Arditi lui consacre tissent une longue et riche suite qui n’est pas sans rappeler, dans le principe et l’obsession, l’épuisement du motif des meules ou des cathédrales de Rouen de Monet. Ces variations de formes enchevêtrées résonnent comme un véritable testament esthétique avant que l’histoire de l’art, oublieuse et injuste, ne referme les portes d’un douloureux purgatoire que cette exposition souhaite aujourd’hui enrayer.

Plus qu’un catalogue d’exposition, cet ouvrage, riche d’oeuvres souvent inédites et de contributions éclairées, est appelé à faire référence et permet enfin de remettre Georges Arditi dans cette lumière qui n’eût jamais dû lui manquer. Un événement, assurément.